Les scientifiques étaient enfin parvenus, après des siècles de tâtonnements, d’hypothèses plus ou moins farfelues, d’explications alambiquées ou incomplètes, à une conclusion généralement admise : il n’existe qu’une race humaine. Contrairement à ce que l’on aurait pu espérer, cette unicité n’a rien arrangé, la haine de l’autre, la ségrégation, le racisme ordinaire ou d’État, idiot puisque sans objet, connaît aujourd’hui un regain de vigueur à travers le monde. Toutes les sociétés et tous les continents ont été, et sont encoure touchés par ce qui constitue, en France, un délit, et n’a rien à voir avec une opinion ni donc la liberté d’expression.
Le racisme n’est pas surgi de nulle part, il s’est construit. Il lui a fallu évoluer du rejet pulsionnel de la différence de l’autre à un système de pensée rationalisant l’irrationnel, de la réaction épidermique à la conceptualisions socio-scientifique, bref codifier l’aberration. Notre invité, Régis Meyran, anthropologue et sociologue, retrace dans un formidable essai, LA RACIALISATION DU MONDE, paru aux éditions de l’aube, dans la toute nouvelle collection Voix et Regards, l’histoire du racisme à travers le monde et ses développements du XVe siècle à 1950. Une plongée salutaire dans les égouts de l’humanité à l’heure où ceux-ci ont tendance à de nouveau s’écouler à ciel ouvert.
LA RACIALISATION DU MONDE – Régis Meyran – Éditions de l’aube – Collection Voix et Regards
Régis Meyran, anthropologue et sociologue, est docteur associé au laboratoire GSRL (Groupe Société, Religions, Laïcité) de l’EPHE. Ils animent, avec Philippe Portier, la Plateforme internationale sur le racisme et l’antisémitisme (PIRA/EPHE).



