Chronique d'un trottoir à l'autre - Par Radio Laser
27 min 56 sec 02 mars 2026
La ville ne se voit pas seulement. Elle se respire.
Pendant des siècles, l’espace urbain a été traversé par des odeurs humaines, animales, naturelles, artisanales. Elles racontaient les métiers, les saisons, la densité, la vie ordinaire. La ville sentait le vivant.
Puis, à partir du XVIIIᵉ siècle, l’urbanisme a voulu effacer ces traces. Enterrer les réseaux, nettoyer les rues, neutraliser l’odorat. La rue devait devenir saine, silencieuse, inodore.
Mais ce vide n’a pas duré.
Avec la mécanique, la voiture, l’industrie et les produits transformés, de nouvelles odeurs se sont imposées. Des odeurs diffuses, constantes, chimiques. Souvent imperceptibles, mais profondément nocives.
Aujourd’hui, ce que nous respirons n’est plus seulement une gêne. C’est un facteur de maladies chroniques: respiratoires, cardiovasculaires, cancéreuses. Des particules invisibles, que le corps ne sait plus tolérer.
La faune a déserté la ville, non par hasard, mais parce que l’air est devenu irrespirable. Quand l’odeur disparaît, ce n’est pas toujours un signe de propreté. C’est parfois le symptôme d’une pollution plus grave encore.
Dans cet épisode de Chroniques d’un trottoir à l’autre, il est question de pollution olfactive dans toute son ampleur. Comme mémoire urbaine. Comme signal sanitaire. Comme révélateur de ce que la ville est devenue.



