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La femme noyée

La fontaine à fables - Par Plum'FM

3 min 39 sec 04 février 2026

Dans cet épisode
on discute :

Émissions culturelles

Dans la fable qui va suivre, La fontaine nous raconte l'histoire d'une femme qui s'est noyée : son mari al recherche pour lui offrir une sépulture digne. Sur les bords du fleuve, il interroge des promeneurs. L’un lui conseille de suivre le courant, comme le ferait naturellement un corps emporté par l’eau. Un autre, moqueur, lui dit au contraire de remonter la rivière, prétendant que « l’esprit de contradiction » de la femme l’aurait fait dériver à contre‑courant. La fable se conclut en soulignant que certaines personnes — femmes ou hommes — ont une tendance irrépressible à contredire, et que ce travers les accompagne toute leur vie.  

La fable joue sur un ton satirique, et sa morale repose sur deux idées principales : la première est une critique de « l’esprit de contradiction ». Le narrateur va se moquer de ceux qui contredisent par réflexe, sans raison valable. L’homme qui conseille de chercher contre le courant illustre cette tendance absurde à s’opposer pour s’opposer, même dans une situation tragique où la plaisanterie est déplacée. L'idée sous-jacente est que certaines personnes contredisent toujours, même quand cela n’a aucun sens, et cette disposition les suit toute leur vie.

Le second thème présenté dans cette fable est une satire des préjugés sur les femmes. En effet, la fable va reprendre — pour mieux les tourner en dérision — les clichés de l’époque sur le « caractère contradictoire » des femmes. Ces clichés n'appartiennent peut-être pas tout à fait au passé... Le narrateur de la fable ne valide pas vraiment ces préjugés : il les expose avec une ironie évidente, notamment en montrant que celui qui contredit… est un homme.

La morale de l'histoire sera la suivante : La leçon à retenir est que l’esprit de contradiction n’est pas propre à un sexe : c’est une faiblesse humaine que l’on peut retrouver chez n'importe qui, sans distinction de genre.

Je ne suis pas de ceux qui disent : Ce n'est rien ;
C'est une femme qui se noie.
Je dis que c'est beaucoup ; et ce sexe vaut bien
Que nous le regrettions, puisqu'il fait notre joie;
Ce que j'avance ici n'est point hors de propos,
Puisqu'il s'agit dans cette fable
D'une femme qui dans les flots
Avait fini ses jours par un sort déplorable.
Son Époux en cherchait le corps,
Pour lui rendre, en cette aventure
Les honneurs de la sépulture.
Il arriva que sur les bords
Du fleuve auteur de sa disgrâce
Des gens se promenaient ignorant l'accident.
Ce Mari donc leur demandant
S'ils n'avaient de sa Femme aperçu nulle trace :
Nulle, reprit l'un d'eux ; mais cherchez-la plus bas ;
Suivez le fil de la rivière.
Un autre repartit : Non, ne le suivez pas ;
Rebroussez plutôt en arrière.
Quelle que soit la pente et l'inclination
Dont l'eau par sa course l'emporte,
L'esprit de contradiction
L'aura fait flotter d'autre sorte.
Cet homme se raillait assez hors de saison.
Quant à l'humeur contredisante,
Je ne sais s'il avait raison.
Mais que cette humeur soit, ou non ,
Le défaut du sexe et sa pente,
Quiconque avec elle naîtra
Sans faute avec elle mourra,
Et jusqu'au bout contredira,
Et, s'il peut, encor par delà. 

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