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Le cheval s'étant voulu venger d'un cerf

La fontaine à fables - Par Plum'FM

3 min 49 sec 13 mai 2026

Dans cet épisode
on discute :

Émissions culturelles

Une fable c'est une histoire courte dans laquelle on apprend quelque chose tout en se distrayant. Dans celle qui va suivre, nous allons évoquer la valeur de la liberté et le prix de la vengeance...

À l’origine, les chevaux vivaient libres dans les forêts, aux côtés des ânes et des mules, à une époque où les humains menaient une existence simple.

Un jour, un cheval se dispute avec un cerf, trop rapide pour être rattrapé. Pour se venger, le cheval demande l’aide de l’homme, réputé pour son intelligence et sa ruse. L’homme accepte, mais en échange, il pose un frein sur le cheval, monte sur son dos, et ne le laisse plus en paix avant d’avoir tué le cerf. Une fois la vengeance accomplie, le cheval, reconnaissant, veut retourner à sa vie sauvage. Mais l’homme refuse : « Il fait meilleur chez nous », dit-il, et promet au cheval une vie confortable, bien nourri et logé.

Le cheval comprend trop tard son erreur : il a troqué sa liberté contre un confort illusoire. Il finit ses jours enfermé dans une écurie, traînant son lien. La fable se conclut par un avertissement : « Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, c’est l’acheter trop cher, que l’acheter d’un bien sans qui les autres ne sont rien. »

La fable illustre deux choses : d'abord que la liberté est le bien très précieux. Le cheval, en cherchant l’aide de l’homme pour une vengeance futile, va perdre cette chère liberté. Car le confort et la sécurité promis ne compenseront jamais l’esclavage, même doré.

Ensuite, l'auteur va rappeler que la vengeance est un piège : En cédant à la colère et en faisant appel à un tiers (l’homme), le cheval se soumet à un pouvoir bien plus dangereux que son ennemi initial. Ce que cela coûte est souvent bien supérieur au tort subi.

En résumé : « Mieux vaut supporter une offense légère que de risquer de tout perdre en cherchant à se venger. »

Cette fable nous explique que les alliances avec les puissants (ici, l’homme) peuvent se retourner contre nous, et que la liberté, une fois perdue, est rarement retrouvée.

Le Cheval s'étant voulu venger du cerf

De tout temps les Chevaux ne sont nés pour les hommes.

Lorsque le genre humain de gland se contentait,

Âne, Cheval, et Mule, aux forêts habitait;

Et l'on ne voyait point, comme au siècle où nous sommes,

Tant de selles et tant de bâts,

Tant de harnois pour les combats,

Tant de chaises, tant de carrosses,

Comme aussi ne voyait-on pas

Tant de festins et tant de noces.

Or un Cheval eut alors différend

Avec un Cerf plein de vitesse,

Et ne pouvant l'attraper en courant,

Il eut recours à l'Homme, implora son adresse.

L'Homme lui mit un frein, lui sauta sur le dos,

Ne lui donna point de repos

Que le Cerf ne fût pris, et n'y laissât la vie;

Et cela fait, le Cheval remercie

L'Homme son bienfaiteur, disant : Je suis à vous,

Adieu. Je m'en retourne en mon séjour sauvage.

Non pas cela, dit l'Homme ; il fait meilleur chez nous :

Je vois trop quel est votre usage.

Demeurez donc, vous serez bien traité,

Et jusqu'au ventre en la litière.

Hélas! que sert la bonne chère

Quand on n'a pas la liberté !

Le Cheval s'aperçut qu'il avait fait folie ;

Mais il n'était plus temps : déjà son écurie

Etait prête et toute bâtie.

Il y mourut en traînant son lien.

Sage s'il eût remis une légère offense.

Quel que soit le plaisir que cause la vengeance,

C'est l'acheter trop cher, que l'acheter d'un bien

Sans qui les autres ne sont rien.

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